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Vivre avec 2 Prothèses de Hanche : Témoignages et Réalité du Quotidien

Vous avez mal aux hanches, au point de ne plus pouvoir vivre normalement ? L’idée d’une opération vous angoisse ? Vous vous demandez à quoi ressemble la vie après, avec non pas une, mais deux prothèses de hanche ?

Je suis passée par là. Cet article est mon témoignage honnête sur la vie quotidienne avec deux prothèses de hanche. Je vais tout vous raconter, sans filtre : la décision, l’opération, la récupération et surtout, la nouvelle vie qui commence après.

La vie d’avant : Pourquoi deux prothèses de hanche à 40 ans ?

À moins de 40 ans, le mot « prothèse » n’existait pas dans mon vocabulaire. J’étais active, je travaillais, je m’occupais de mes enfants. Puis la douleur est arrivée. D’abord une gêne dans une hanche, puis dans l’autre. Une douleur sourde, qui s’est transformée en douleur handicapante en quelques mois. Chaque pas était un effort. Monter les escaliers, porter les courses, ou même simplement mettre mes chaussettes était devenu une épreuve.

Le diagnostic a été un choc : arthrose sévère et nécrose de la tête fémorale. En clair, il n’y avait plus de cartilage dans mes deux hanches. L’usure était si avancée que les os frottaient les uns contre les autres. La cause ? Probablement une maladie passée inaperçue. Le chirurgien a été direct : la seule solution pour retrouver une vie sans douleurs, c’était la pose de prothèses sur les deux hanches. À mon âge, la nouvelle a été difficile à accepter.

  • La peur de l’opération : L’anesthésie, le bloc opératoire, la douleur post-opératoire… tout ça faisait peur.
  • L’inquiétude pour l’avenir : Est-ce que je pourrai remarcher normalement ? Reprendre le sport ? M’occuper de ma famille ?
  • Le sentiment d’être « vieux » avant l’heure : Une prothèse, c’est pour les personnes âgées, non ?

Pourtant, la douleur était devenue insupportable. Elle dictait chaque seconde de ma vie. Après plusieurs semaines de réflexion et de discussion avec mon chirurgien et mes proches, j’ai pris la décision de l’opération. Je ne voulais plus subir, je voulais vivre. C’était le début d’un long parcours, mais aussi la promesse d’une nouvelle vie.

L’opération et l’hospitalisation : Récit pas à pas

Le jour J est arrivé. L’angoisse était là, mais aussi un certain soulagement. Bientôt, la douleur ne serait plus qu’un mauvais souvenir. J’ai eu la chance de pouvoir faire opérer les deux hanches en une seule fois, ce qui permet de ne vivre qu’une seule convalescence.

Le choix de l’anesthésie (rachianesthésie vs générale)

Mon chirurgien m’a laissé le choix. J’ai choisi la rachianesthésie, une anesthésie locale qui endort uniquement la partie inférieure du corps. Pourquoi ce choix ? Moins d’effets secondaires comme les nausées au réveil et une récupération souvent plus rapide. On reste conscient pendant l’opération, mais un sédatif léger permet de ne pas voir ou entendre ce qu’il se passe. C’est une expérience un peu étrange, mais l’équipe médicale a été très présente pour me rassurer.

Le déroulement au bloc opératoire (bruits, sensations)

Une fois au bloc opératoire, tout va très vite. On ne sent absolument aucune douleur, mais on peut percevoir des bruits sourds. L’équipe m’avait prévenue : on entend des sons qui ressemblent à ceux d’un atelier de bricolage. C’est normal, le chirurgien doit préparer l’os pour accueillir la prothèse. Savoir cela à l’avance aide beaucoup à ne pas paniquer. L’opération a duré environ deux heures pour les deux côtés.

Le réveil et la gestion de la douleur

Le retour en salle de réveil se fait en douceur. Les jambes sont encore anesthésiées. La douleur arrive progressivement, mais elle est tout de suite prise en charge. La gestion de la douleur est la priorité numéro un de l’équipe soignante. On reçoit des antalgiques puissants via une perfusion. Il ne faut jamais hésiter à signaler la moindre gêne. La douleur est bien contrôlée et n’a rien à voir avec celle d’avant l’opération.

Le premier lever : un moment clé

Le lendemain de la chirurgie, c’est le grand moment : le premier lever. Avec l’aide d’un kiné, on se met debout. C’est une étape impressionnante. On a l’impression de réapprendre à utiliser ses jambes. Au début, on s’appuie sur un déambulateur. Le plus incroyable ? Poser le pied par terre sans ressentir cette douleur osseuse qui me lançait depuis des années. C’est une victoire immense.

Les premiers jours à l’hôpital

Les jours suivants sont rythmés par les soins et la rééducation.

  • Les soins infirmiers : Pansements, injections d’anticoagulants pour éviter les phlébites, et surveillance générale.
  • La kinésithérapie : Deux séances par jour pour apprendre les bons gestes, marcher avec les béquilles et faire les premiers exercices.
  • L’apprentissage : On apprend à monter et descendre les escaliers, à s’asseoir et se lever correctement.

L’hospitalisation dure en général 3 à 5 jours. On ne rentre à la maison que lorsqu’on est autonome pour les gestes de base et que la douleur est bien gérée avec des médicaments par voie orale.

La récupération à la maison : Les premières semaines

Le retour au domicile est une étape importante. On quitte le cocon de l’hôpital pour retrouver son environnement. Une bonne préparation en amont est essentielle pour que tout se passe bien.

Les soins quotidiens (pansements, anticoagulants, bas de contention)

La routine des soins continue à la maison. Une infirmière passe tous les jours au début pour refaire les pansements et faire les piqûres d’anticoagulants. Il faut aussi porter des bas de contention jour et nuit pendant plusieurs semaines. C’est contraignant, surtout en été, mais c’est une mesure de sécurité indispensable pour prévenir les risques de phlébite. Ces soins durent environ un mois.

Gérer la logistique : les aides nécessaires

Avec deux prothèses, on est très dépendant au début. Il faut accepter de se faire aider. Préparer des repas à l’avance, demander à des proches de faire les courses, réorganiser la maison pour avoir tout à portée de main… Chaque détail compte. Il est presque impossible de se débrouiller seul les deux premières semaines. Il faut prévoir cette aide avant le retour à la maison.

Astuce pratique : Avant l’opération, installez des rehausseurs de toilettes et un siège de douche. Procurez-vous aussi une pince de préhension pour ramasser les objets sans vous baisser. Ces petits équipements changent tout au quotidien.

Les mouvements interdits et les bonnes postures

Pendant les 6 premières semaines, il y a des mouvements interdits pour éviter le risque de luxation de la prothèse. C’est la règle des « 90 degrés ».

  • Ne pas fléchir la hanche à plus de 90° : Attention en s’asseyant sur des sièges bas.
  • Ne pas croiser les jambes : Ni assis, ni couché.
  • Ne pas tourner la jambe opérée vers l’intérieur.

Le kiné nous apprend toutes les bonnes postures : comment dormir (sur le dos avec un coussin entre les jambes), comment monter en voiture, comment s’habiller. C’est un peu fastidieux, mais c’est la clé d’une bonne récupération.

La rééducation : la marche progressive

La rééducation est le moteur de la récupération. Au début, on marche à l’intérieur avec les béquilles. Puis, on commence les petites sorties à l’extérieur. La marche progressive est essentielle. On augmente la distance petit à petit, sans jamais forcer. Les exercices donnés par le kiné doivent être faits plusieurs fois par jour. La patience et la régularité sont vos meilleures alliées.

Chronologie indicative de la récupération

Chaque personne récupère à son rythme, mais voici un aperçu général des grandes étapes.

Période Mobilité & Aides Douleur Activités possibles
Semaine 1-2 Déambulateur puis 2 béquilles Inconfort/douleur gérée par antalgiques Petits déplacements intérieurs, exercices au lit
Semaine 3-6 2 béquilles puis 1 Nette diminution, plutôt une gêne Marche extérieure courte, montée/descente d’escaliers
Mois 2-3 Abandon progressif de la béquille Faible, liée à l’effort Conduite (selon avis médical), vélo d’appartement
Après 3 mois Marche normale, légère boiterie possible Disparition quasi totale Reprise progressive du travail et des sports doux

La nouvelle vie : Qu’est-ce qui change vraiment ?

Passé le cap des 3 premiers mois, on entre dans une nouvelle phase. Les douleurs ont disparu, la mobilité revient. On redécouvre le plaisir de bouger sans souffrir. C’est une véritable renaissance.

La reprise des activités : sport, travail, loisirs

La reprise du sport se fait progressivement. On commence par des activités douces comme la natation (crawl, dos crawlé), le vélo sur terrain plat ou le yoga doux. Les sports à impact (course à pied, sauts) sont souvent déconseillés pour préserver la durée de vie des prothèses. Mais on peut retrouver une vie très active. Pour ma part, j’ai pu reprendre la randonnée et la natation, des activités que j’avais abandonnées depuis des années.

Et les cicatrices ? Aspect et acceptation

Les cicatrices sont la marque de cette transformation. Elles mesurent une dizaine de centimètres et s’estompent avec le temps. Au début, on peut les trouver impressionnantes. Mais elles sont le symbole de la fin de la douleur. Il faut bien les masser avec une crème adaptée pour les assouplir. Avec le temps, on apprend à les accepter, voire à les aimer. Elles font partie de notre histoire.

Les limitations qui persistent (ou pas)

Une fois la rééducation terminée, il n’y a presque plus de limitations. On retrouve une souplesse qu’on avait perdue. On peut se rechausser, s’accroupir, porter des charges. Le seul bémol reste sur les mouvements extrêmes ou les sports violents. Mais honnêtement, le gain est tel qu’on ne ressent aucune frustration. On a enfin retrouvé son autonomie.

L’impact psychologique : se sentir « réparé »

Le plus grand changement est peut-être psychologique. Ne plus avoir mal change tout. On retrouve le sourire, l’énergie, l’envie de faire des projets. On se sent plus fort. Je me surnomme parfois la « femme bionique« . Ces prothèses en titane m’ont permis de reprendre le contrôle de ma vie. On ne se sent pas diminué, mais au contraire, réparé et amélioré.

Mes 10 conseils pour bien vivre votre double prothèse de hanche

Avec le recul, voici quelques conseils que j’aurais aimé recevoir avant de me lancer. J’espère qu’ils vous seront utiles.

  1. Préparez votre domicile avant l’opération : C’est le conseil le plus important. Dégagez les passages, enlevez les tapis, préparez un coin confortable au rez-de-chaussée si possible.
  2. Faites confiance à l’équipe médicale : Le chirurgien, les anesthésistes, les infirmières, les kinés… Ils sont là pour vous. Posez toutes vos questions, exprimez vos craintes.
  3. Soyez acteur de votre rééducation : Faites vos exercices tous les jours, même quand vous n’en avez pas envie. La régularité paie.
  4. Acceptez de demander de l’aide : Vous ne pourrez pas tout faire seul au début. C’est normal. Laissez vos proches vous aider.
  5. Écoutez votre corps : Ne forcez jamais. La fatigue et la douleur sont des signaux qu’il faut ralentir. La récupération n’est pas une course.
  6. Soyez patient : La récupération prend du temps, environ un an pour un résultat définitif. Il y aura des jours avec et des jours sans. C’est un marathon, pas un sprint.
  7. Mangez sainement et hydratez-vous : Un corps bien nourri récupère mieux. C’est important pour la cicatrisation et pour retrouver de l’énergie.
  8. Prenez soin de votre moral : C’est une épreuve physique mais aussi mentale. Autorisez-vous à vous reposer, à lire, à écouter de la musique.
  9. Ne comparez pas votre récupération à celle des autres : Chaque cas est unique. Votre corps a son propre rythme, respectez-le.
  10. Célébrez chaque petite victoire : Marcher sans béquilles, monter un escalier, conduire à nouveau… Chaque étape est un succès !

Je ne regrette rien. Cette double opération a été la meilleure décision de ma vie. Elle m’a permis de laisser la douleur derrière moi et de commencer une nouvelle vie, pleine de possibilités. Si vous êtes face à cette décision, j’espère que mon témoignage vous aura apporté des réponses et un peu de réconfort. Ayez courage, le jeu en vaut la chandelle.

FAQ – Questions fréquentes sur la vie avec deux prothèses de hanche

Peut-on courir ou faire des sports à impact ?

En général, la course à pied et les sports avec des sauts sont déconseillés. Les impacts répétés peuvent accélérer l’usure de la prothèse. Il vaut mieux privilégier des sports « portés » comme le vélo, la natation, l’aviron, ou des sports doux comme la marche rapide, la randonnée, le golf ou le yoga.

Les prothèses sonnent-elles aux portiques de sécurité des aéroports ?

Oui, c’est très fréquent. Les prothèses modernes sont souvent en titane ou en alliages métalliques qui peuvent déclencher les détecteurs. Il suffit de prévenir les agents de sécurité. Beaucoup de chirurgiens fournissent une carte de porteur de prothèse, même si elle n’a pas de valeur officielle. Le passage avec un détecteur manuel résout le problème rapidement.

Quelle est la durée de vie des prothèses ?

La durée de vie des prothèses de hanche a beaucoup augmenté. Aujourd’hui, on estime que plus de 90% des prothèses sont encore fonctionnelles après 15 ans, et beaucoup durent plus de 20-25 ans. Cette durée dépend de l’âge du patient, de son niveau d’activité et du type de prothèse posée.

Peut-on s’accroupir, s’asseoir en tailleur ou se mettre à genoux ?

Oui, après la période de cicatrisation et de rééducation (environ 3 mois), la plupart de ces mouvements redeviennent possibles. Il faut y aller progressivement. Se mettre à genoux est tout à fait possible et sans risque pour la prothèse. S’accroupir ou s’asseoir en tailleur demande plus de souplesse, mais beaucoup de patients y parviennent sans problème.

Combien de temps dure l’arrêt de travail en moyenne ?

La durée de l’arrêt de travail dépend beaucoup du métier exercé.

  • Pour un travail de bureau sédentaire, la reprise peut se faire après 6 à 8 semaines.
  • Pour un travail physique qui demande de porter des charges lourdes ou de beaucoup marcher, l’arrêt peut durer 3 à 6 mois.

Cette durée est toujours à discuter avec le chirurgien et le médecin du travail.

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